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Jeux de société -
Gestionnaire
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Article de Christophe
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Mercredi, 30 Décembre 2009 00:00 |
Luttes de pouvoir... un sujet qui fait encore parler de lui. Car œuvrer pour le pouvoir est un jeu difficile voire dangereux. Les époques évoluent, les temps changent et l'Histoire nous montre qu'il faut parfois savoir être précurseur, mais elle nous montre aussi que pour vaincre il faut également bien choisir son heure. Le peuple est manipulable à souhait, toutes les propagandes sont possibles. Dans l'absolue, rien ne l'écarterait du droit chemin s'il n'était les opposants, qui peuvent naitre du peuple lui-même ou de la première noblesse. Aucune époque, aucun pays n'échappe à cette règle... et surtout pas ROME.
L’extension Brutus de Tribun nous propose de replonger dans cette Rome, capitale des intrigues et luttes entre nobles familles. Mais Rome a changé ! De nouveaux lieux de pouvoir ont été construits et surtout la famille des Junii, parmi les plus anciennes de Rome, est bien décidée à redorer son blason à sa manière.
Ouvrons la boite de Pandore Tout comme le jeu de base, le matériel est magnifique et conserve cette identité très forte, toute en noirceur illustrant parfaitement l’esprit du jeu. On trouvera donc dans la boite un nouveau plateau contenant les nouveaux lieux, ainsi que des emplacements pour positionner les éléments qui restaient auparavant en dehors du plateau. Il y a également tout le matériel nécessaire à la famille Junii et à ses règles si particulières, de nouvelles cartes (esclaves et assassins) de nouvelles conditions de victoire, ainsi que des tuiles correspondant aux effets des nouveaux bâtiments. La règle est très détaillée et explique clairement les nouveautés apportées au jeu. Par contre, elle souffre de ses avantages. Expliquer le jeu complet avec son extension devient un calvaire puisqu’il faut naviguer entre la règle de base et la nouvelle. Une nouvelle règle complète intégrant l’ensemble aurait été la bienvenue… ou a défaut, au moins un résumé complet comme celui qui était présent dans le jeu de base.
De nouvelles règles, de nouveaux crimes
L’extension Brutus se révèle être en fait une double extension. La première consiste à ajouter de nouveaux lieux qui sont résolus dans une nouvelle phase de jeu, la deuxième consiste à apporter une famille avec des règles complètement différentes, mais jouables uniquement à 5 ou 6 joueurs.
1/ Les nouveaux bâtiments et les nouvelles cartes De nouveaux objectifs sont ainsi fournis pour répondre aux bénéfices apportés par les nouveaux bâtiments. Les nouveaux bâtiments se résolvent donc dans une nouvelle phase de jeu, juste après avoir récolté les bénéfices des factions. Les partisans y sont posés dans la même phase que pour les autres bâtiments. Nous sommes donc bien dans l’ajout d’une dimension complémentaire à prendre en compte dans le jeu et donc devant encore plus de choix. Le premier bâtiment qui s’ajoute est le Refugium. C’est ici que les joueurs pourront affranchir les esclaves qu’ils auront acquis auparavant et devenir ainsi un bienfaiteur (objectif de victoire) reconnu par son peuple. Sinon il peut à la place bénéficier de retombées avec un effet plus immédiat. Ensuite vient la Basilique, qui offre des challenges intermédiaires afin de se bénéficier des Faveurs de l’Empereur (objectif de victoire). Le principe étant que pour obtenir une faveur, il faut être présent dans le lieu et être le joueur avec le plus d’éléments indiqués sur la tuile visible. Enfin, le Capitole, qui permet d’obtenir une des 5 tuiles « personnalité » qui lui donnera un avantage pour le ou les prochains tours. Ses avantages sont très variés, allant de l’impôt à réclamer aux autres joueurs à la pose de deux partisans par tour, en passant par diverses autres joyeusetés. L’assassin, quant à lui, va aider les familles à gagner de nouvelles factions en éliminant les différents soutiens à la famille en place.
2/ Brutus Brutus est en quelque sorte un maître de la conspiration qui joue de manière complètement inédite, avec des règles qui lui sont propres. Brutus n’a pas de partisan, mais il a à sa disposition un ensemble de cartes qu’il pourra jouer à son tour. À noter qu’un système de jetons retournés au hasard l’empêchera parfois de jouer une carte. Toute la subtilité de Brutus est que les effets de certaines de ses cartes action dépendent des choix faits par les autres joueurs et récupère parfois que les restes d’un lieu. Brutus devra donc bien observer et comprendre le jeu des autres joueurs. D’autres actions ont des effets immédiats à l’avantage de Brutus et peuvent considérablement entraver la stratégie des autres joueurs. Les autres joueurs se doivent donc de toujours garder un œil sur ce que fait Brutus, pour ne pas voir leurs plans mis à mal.
Mon Avis
Cette extension apporte beaucoup de nouveautés à ce fabuleux jeu qu’est Tribun. Tout d’abord, un choix plus large est donné aux joueurs, évitant le syndrome du cinquième joueur n’ayant d’autres choix que de prendre « les restes ». Le jeu devient également plus agressif et plus interactif, les personnalités y étant pour beaucoup. L’intrigue devient encore plus omniprésente et l’on ressent bien la fourberie dans les yeux du voisin, qui à n'en pas douter prévoit d’envoyer ses pires assassins sur notre gentille faction qui n’aspire qu’à la paix et surtout à rester là où elle est. Et que dire de Brutus ? Ah Brutus… un être pas facile à jouer source de toutes les frustrations et toutes les joies. Mais quelle excellente idée d’avoir créé ce personnage totalement asymétrique ! On en vient à rêver à un jeu intégrant que des Brutus, vivant leur vie et pourrissant la vie des autres à leur manière. S’il fallait faire un reproche à cette extension, c’est principalement au niveau des règles qui deviennent longues à expliquer tant le nombre de petits détails devient important, notamment concernant Brutus dont plusieurs cartes ont deux modes de fonctionnement, en plus du fait que ce personnage représente une règle à lui tout seul. Mais rassurez-vous, une fois les règles assimilées, le jeu reste fluide et bénéficie toujours de l’adaptabilité de sa durée, suivant le nombre d’objectifs à atteindre décidé en début de partie. Pour finir, je dirais que cette extension est vraiment dans l’esprit de Tribun et contribue encore plus à apporter aux joueurs cette sensation de fraicheur dans un monde où les jeux de gestion ne connaissent que les points de victoire.
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Commentaires
Hate de voir ce qu'il peut donner à deux joueurs (ma configuration de jeu habituelle) même si je ne pense pas que Brutus pourra être de la partie à moins de 4.
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