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Mes deux portes actives tremblent à faire peur… J’ai beau savoir ce qu’il en est, j’ai beau garder en tête l’objectif que je me suis fixé, dès que je réfléchis à ce que je suis en train de faire, mon esprit semble vouloir exploser les limites de mon corps… Ce qui va passer ces portes, elles-mêmes dignes représentantes de notre technologie accomplie, est un Créateur Biologique, module supplémentaire pour mon Créateur d’Univers... N’est-il pas déraisonnable de penser que je suis en train de créer un monde de toutes pièces ? Ce module permettra aux plantes et créatures que j’ai en tête de croître et prospérer… bref, devenir réalité. Il rejoint le Façonneur qui m’a permis de structurer ce monde naissant qui est mien. Bien sûr, mes portes sont piégées, et je compte sur mes connaissances sur Errekanzaar pour me trouver rapidement des robots de combat afin de protéger ma création. Mais cela ne suffira pas, je le sens, je le sais intimement. L’adversité à laquelle je m’expose pour être élue au Conseil Suprême n’est ni un vain mot, ni un noble concept. C’est une dure réalité, absurde, injuste, brutale et barbare…
Et bien soit, il me faudra plus de fourberie, de potentiel offensif et défensif, sans parler des fragiles alliances que je pourrai tisser avec mes alter-ego… peut-être même irais-je jusqu’à modifier mon patrimoine génétique, me transformant inexorablement en autre chose, mais je dois réussir. C’est là le seul but valable de mon éternité… Je suis une Tellin, je suis Kendra la commerçante, mais j’ai été choisie pour faire partie des…
Faiseurs d’Univers C’est une nouvelle maison d’édition, Pygmoo Game, qui nous a offert la chance de jouer à ce nouveau jeu. Avec les Faiseurs d’Univers, vous devenez un Tellin, qui, pour remplacer un des membres du Conseil Suprême, devra faire ses preuves en façonnant plus rapidement que ses adversaires un nouvel univers. Dans cette course aux points de créations, les coups bas pleuvent, et ce n’est rien de le dire. Mais, avant que de rentrer plus avant dans cette chaude ambiance, ouvrons la boîte ensemble.
Contenu de la boîte de jeu Les Faiseurs d’Univers, c’est un jeu de cartes, et il y en a 110 dans la boîte. Il est même indiqué qu’elles sont superbement illustrées, et franchement, je ne peux que cautionner. Le travail de David Revoy est de toute beauté, immersif à souhait. Il y a un mélange de clair obscur, de couleurs chaudes… bref, chaque carte peut être un petit voyage en soi pour ceux qui aiment le style et pour ceux qui aiment se raconter des histoires. Étant les deux, vous comprendrez que je sois fan.
Parmi ces cartes, il y a 10 personnages : 10 Tellins ambitieux en diable qui seront vos avatars durant vos parties. Tirés au hasard et avec chacun un pouvoir puissant à souhait, voici déjà un renouvellement agréable dans vos parties où la configuration de départ sera différente à chaque fois (30240 situations initiales différentes, si je ne m’abuse…). Vous trouverez également 18 cartes « Machines ». Elles seront mises aux enchères et vous permettront de marquer de précieux points de créations, seule façon de remporter la victoire, mais aussi de poser ensuite d’autres cartes fonctionnant de pair pour en gagner encore plus. Remporter les enchères de ces machines ne suffit pas, il faut également les acheminer vers votre monde. C’est à cela que servent les cartes « Portes ». À raison de 3 par joueurs, il y en a 15. En effet, ce jeu est prévu pour 3 à 5 joueurs. Parmi ces 3 portes, il n’y en a qu’une qui soit active au départ. Les « Machines » étant plus ou moins importantes, il vous faudra certainement en activer d’autres pour qu’elles arrivent jusqu’à vous. Seulement voilà , les portes actives ne se referment plus jamais. Et une porte qui est ouverte l’est pour tous, et surtout pour vos féroces adversaires qui n’attendent que ça pour investir votre univers et fracasser joyeusement vos si belles « Machines ». Bref, on n’est jamais tranquille nulle part, c’est moi qui vous le dis… Enfin, 67 cartes « Ressources » complètent ce panel. Les créatures (attaque ou attaque/défense), les pièges (pour ne pas que la traversée des portes actives menant à votre monde soit une sinécure), les actions diverses (retorses et à combos en puissance) et les évolutions (rapportant des points de création mais nécessitant la machine adéquate) composent ces ressources. Il y a une règle du jeu pour comprendre comment tout ceci interagit, un petit pion noir « Preum’s » (sic) pour indiquer le premier joueur et 30 jetons bleus translucides du plus bel effet. Ce sont les Unités d’Energie, autrement dit la monnaie du jeu. C’est un plus très agréable que de manipuler ces unités tout à fait dans le ton. Voilà , vous avez votre personnage, 3 portes dont une active, 5 UE en tant qu’économie de départ et 5 cartes ressources pour voir venir… nous allons pouvoir commencer :
Un tour de jeu
Chaque tour est composé de deux phases : une phase d’enchère où deux machines seront, l’une après l’autre, retournées et mises en vente par enchère d’UE, en une fois, à poing fermé. Bluff et estimation au menu, attention, les hostilités commencent. Il est tout à fait possible d’acheter une machine que l’on possède déjà , ne serait-ce que pour en priver ces barbares d’adversaires. Suit ensuite la phase d’action : chaque joueur, en commençant par le premier, commence par piocher 2 carters « Ressource » ou 2 UE ou 1 de chaque, puis entame ses actions. On peut bien sûr poser une carte « Evolution » pour ses points de création ; on peut aussi piéger ses portes avec de vrais pièges ou des leurres. En effet, les cartes sont posées faces cachés sous les portes et la feinte est possible… jouissif pour les dissimulateurs en puissance !! On pourra également jouer des créatures pour préparer sa défense ou pour attaquer. Il y a des petites icônes sur les cartes pour mieux repérer leur catégorie, et il en est une qu’il est important de bien connaître : les cartes « Actions ». Elles se jouent n’importe quand… je répète, n’importe quand ! Même pendant une phase d’enchère ou une phase adverse… on vous avait prévenus, ça va faire mal !! Si, à la fin d’un tour, un joueur atteint ou dépasse le nombre de points de création fixé au départ, la partie s’arrête et ce joueur est vainqueur. Fixer le nombre de points de victoire à atteindre pour remporter la partie est également une bonne idée qui vous permettra de paramétrer vos temps de parties.
Mon avis
Les Faiseurs d’Univers est un jeu qui développe une ambiance bien particulière, dans un univers bien spécifique. Ce jeu, inspiré de la saga des Hommes-Dieux de P.J. Farmer, en est un hommage réussi. Des enchères, de la fourberie, du bluff, de la dissimulation, des combos, le tout mâtinée d’une violence bon enfant tout en interaction… bref, ça défouraille sévère dans les chaumières !! Alors bien sûr, cela donne les défauts de ses qualités pour qui n’apprécie pas l’interaction forte, les attaques parfois injustifiées, parfois répétées (c’est vrai ça, pourquoi toujours moi ?? sniff…) parfois les deux ! Les combos sont rageantes quand c’est moi qui les encaisse parce que je n’ai pas eu la chance de tirer les bonnes cartes au bon moment… mais il suffit de le savoir et de sentir si vous êtes le bon public pour ce jeu. Quoiqu’il en soit, il est à découvrir pour le moins car le ramage comme le plumage est une réussite. Pour ma part, faire grincer des dents, prendre l’air sadique et réussir l’attaque non prévue via une alliance contre nature, causer diplomatie pour détrôner le premier joueur en masquant le fait que je viens ensuite pour la succession, non seulement ça ne me dérange pas, mais en plus, ça m’amuse énormément ! Et je vous conseille vivement de discuter, marchander et diplomater (je sais, je viens d’inventer un verbe qui veut dire : faire de la diplomatie) car un joueur en tête contre lequel on n’agit pas à plusieurs peut vite gagner… mais c’est ça aussi être malin !! Et comme je vous parle d’un jeu, et que je vous donne mon avis, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes… le mien… Gnark gnark gnark !!
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